Querelle pour une statue
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Estonie / Un monument de l'époque soviétique déplacé
Les autorités estoniennes ont déplacé un monument à la mémoire des soldats soviétiques en dehors du centre de Tallinn. Violences dans la ville, colère à Moscou.
Pour Moscou, c'est un monument en l'honneur de ceux qui ont vaincu le fascisme durant la guerre ; pour beaucoup d'Estoniens, c'est le rappel douloureux de presque 50 années d'occupation. La crise autour du mémorial dédié aux soldats soviétiques est le dernier épisode des relations particulièrement conflictuelles entre la Russie et l'Estonie depuis l'indépendance de ce pays balte, avec le problème de la minorité russophone. Les violences ont éclaté tard dans la nuit de jeudi à vendredi alors qu'un millier de manifestants étaient réunis dans le centre de Tallinn. Ils s'opposaient au projet gouvernemental de déplacement de la statue du soldat érigée en hommage aux troupes de l'Armée Rouge qui avaient chassé les nazis d'Estonie.
« Un acte inhumain », dit le chef de la diplomatie russe.
La police a utilisé canons à eau et matraques en caoutchouc. Des jeunes ont ensuite pillé des magasins. Quarante-trois personnes ont été blessées et un homme a été tué, apparemment d'un coup de couteau. Selon le parquet estonien, « il n'y a pas de rapport avec l'action de la police ». Plus de 300 personnes ont été arrêtées. Le gouvernement a fait transférer le monument vers un lieu autre que celui initialement prévu. Cet endroit est tenu secret. Moscou a réagi avec virulence. Le président du Conseil de la fédération (le Sénat), Sergueï Mironov, a demandé la rupture des relations diplomatiques avec l'Estonie, et fait voter à l'unanimité une résolution demandant au président Poutine d'agir. « Nous devons réagir sans hystérie, mais prendre des mesures sérieuses qui montreront notre attitude véritable à l'égard de cet acte inhumain », a dit le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Si Poutine a l'obligation d'examiner la résolution du Sénat, elle n'a rien de contraignant. Des députés russes ont agité la menace de sanctions économiques contre Tallinn qui dépend des livraisons de gaz et de pétrole russes.
A Strasbourg, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, René van der Linden, a « regretté » la décision de déplacer le monument car elle « creuse le fossé entre les citoyens d'origine estonienne et d'origine russe ».
Image : DNA Édition du Sam 28 avril 2007
Le monument, signe idéologique, en soi, vide ou trop « plein »de sens.
Ce trop plein vide de sens est chargé d'un conflit de contenus particuliers. Pour les uns c'est un monument l'honneur de ceux qui ont vaincu le fascisme durant la guerre. Pour les autres, le rappel douloureux de presque 50 années d'occupation soviétique. Ce conflit symbolique masque ou est signe d'un conflit réel . JMN
