Présentation du Chantier Brecht (Disponible en fichier doc : cliquez ici)

Proposition & Méthode

La proposition de l’Aveu de théâtre – chantier Brecht, initiée par la Cie Théât’Reis, son équipe artistique professionnelle, son conseiller artistique André Steiger, avec la Compagnie Les Acteurs de Bonne Foi et du Scarface Ensemble, consiste à ouvrir, aujourd’hui à une époque où règne la plus grande des confusions, des chantiers artistiques au regard de la « méthode critique » de Brecht. Ce n’est donc pas d’un retour à l’œuvre dramatique d’auteur dramatique, un « classique » un peu délaissé du XXème siècle qu’il s’agit, mais d’une reprise, d’une relance des questions permanentes et provocatrices d’un homme de théâtre - qui d’ailleurs ne fut ni professionnel, ni amateur – autour du travail artistique, de ses rapports au politique et au public. Pourquoi ? Comment et avec qui produire du théâtre aujourd’hui ?

La friction en sera la méthode  d’où peut naître quelque chose de nouveau: penser à plusieurs et y penser contradictoirement, non en conflit mais en dialectique . L’induction dramaturgique en sera l’armature. Une approche de la lecture, du jeu et de la représentation qui aura besoin d’espace pour ce travail théorique et pratique : de l’art de soulever les lièvres, de donner de la visibilité, de la lisibilité, par une fabrique non d’images mais d’idées et non d’images.

La proposition s’adresse à tous les « théâtrophiles », artistes du théâtre, professionnels, amateurs, enseignants, animateurs et tous ceux que ces questions engagent à travailler ensemble dans un réel « partenariat artistique » : travailler ensemble dans la reconnaissance de la différence des approches artistiques mais dans l'engagement de construire un objet référé à une méthode commune.

« L’aveu de théâtre, c’est le théâtre qui s’avoue comme un art de la simulation et de la stimulation […] comme une entreprise hautement métaphorique, hautement mensongère. Le théâtre ne dit jamais la vérité, mais c’est parce qu’il ne dit pas la vérité qu’il engage le spectateur à trouver la sienne. […] S'il s’engage dans cette voie réflexive, il évacue la théorie du reflet en faveur d’une théorie de la réflexion qui est un élément fondamental dans l’opération brechtienne. […] Pour Brecht, il y a deux combats : un combat politique et un combat formel. Et ces deux combats sont à mener de front » (A.S.) [1]

Un dispositif sans lieu central

Pour une mise en œuvre productive de la méthode critique,et devant la grande diversité des structures, groupes, individualités déclarées et la multiformité des territorialités en jeu, le dispositif du chantier 2006 s'articule autour d'une structure en alvéoles de fabrique théâtrale, distinctes et concomitantes : autonomie de chaque alvéole et contribution à la ruche, le lieu de la friction. Dans la ruche, chaque alvéole, chaque unité, a la liberté de choisir son objet dans le cadre d’une problématique commune c’est à dire un objet étranger où l’on se sent chez soi, c’est à dire un objet singulier qui n’appartient en propre à personne. Les actions des alvéoles des différents chantiers sont détaillées dans les différentes rubriques des Travaux en Chantier : Professionnel, Amateur et Scolaire.

« La corrida est une métaphore violente du théâtre. […] Quand le matador ou le toréador, selon les traditions, agite la muleta devant le mufle du fauve, en espagnol on dit qu’il cite, cita, il cite le taureau. Je trouve que c’est l’acte de théâtre par définition. Et cette citation du taureau va inciter le taureau à réagir. Je dirais que la citation que fait la scène va inciter la salle à réagir. On est dans cet acte là. Et cet acte est vraiment intéressant. Citer. Faire acte de citation et montrer que l’on cite c’est montrer que l’on agite un leurre devant le mufle du fauve qu’est le spectateur, pas individuellement, mais dans son ensemble c’est toujours un fauve. Et c’est ce fauve que l’on va amener à réagir. Citer est un acte de provocation. Ce qui fait que les gens de théâtre sont des pros vocateurs. La pro-vocation c’est l’acte même de l’enseignement au théâtre ». (A.S.) [2]

Une mise en perspective de 3 ans

Voici quelques-unes des premières pierres de "l'Aveu de Théâtre" pour 2006, l'horizon le plus proche d'un Chantier mis en perspective sur une durée de 3 ans :

  • Des rencontres-confrontations organisées entre alvéoles des différents chantiers, de janvier à mai 2006, selon un calendrier propre à chaque chantier.
    • des confrontations organisées des différents chantiers ;
    • des « Lectures publiques »
    • des « digressions » d’A.S.
  • un élaboratoire établit avec A.Steiger l’armature d’ensemble pour la mise en œuvre des chantiers et de leur organisation sur toute la durée de son déroulement de mars 2005 à mai 2006. L’élaboratoire prépare les rencontres, les digressions et le mois de « L’aveu de théâtre » de mai 2006 avec les groupes de dramaturgie des différents chantiers.

 

[1] André Steiger : « La posture d’inquiétude » entretien avec Denis Génoun dans « Avec Brecht » ; édition Actes-Sud – Papiers ; 1999;

[2] André Steiger. Illustration : Pablo Picasso "Corrida : la mort du torero" 1933.

 

Présentation disponible en format word, cliquez ici

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