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Compte à rebours / Janvier-Avril 2006 (Cliquez ici pour ce texte en Word)

 

 

 

 

 

 

HISTOIRE D'UN TRAVAIL D'ADAPTATION et de REECRITURE

 

par Isabelle Minery

 

 

 

 

AVRIL 2006

4 avril 2006 : Comment j'ai fais un sort à Brecht ?

L'urgence mêlée à l'angoisse des comédiens ( « il va falloir qu'on apprennent notre texte » ) me pousse à faire un sort définitif à la pièce de Brecht, La Décision

Après trois mois de tâtonnement et de travail sur le plateau avec les comédiens ( voir mémo ) une réecriture prend forme ainsi que des « images » scéniques.

Cette dernière version décline la figure du jeune camarade et du Parti , à travers deux axes :

- celui du temps historique / restitution - commémoration

C'est l'objet de la première scène : l'évocation du jeune camarade par les agitateurs ; il est « ressuscité » mais dans un contexte historique donnée par les agitateurs devenus vieillards, eux - même vestiges d'un temps passé.

•  celui du temps présent / actualité - correspondances

Les scènes qui suivront nous ramènent à l'actualité dans les quatre coins du monde :

Quelque part en Asie : l'humanitaire et le négociant

Quelque part en France : la mère 68 – le jeune 2006

Quelque part au Moyen-Orient : Le Père – Les Croques Morts

Si ces scènes tirés de la Décision ont été isolés de leur contexte, elles n'ont subit que peu voire pas de modification dans l'écriture ( si ce n'est la scène Quelques part en Asie : l'humanitaire et le négociant – où a également été inséré le texte de Marx commun à tous les groupes )

Vous l'aurez compris le texte de Brecht est devenu de plus en plus prétexte pour mieux repenser la « réalité » actuelle des sujets qu'il aborde : lutte politique, embrigadement, désir de justice…et repenser aussi un théâtre qui n'a pas peur de se frotter au présent quitte à y perdre des plumes ? Au risque aussi de faire des amalgames « incontrôlées » et de ce retrouver face à quelque chose d'étrange, une bizarrerie qui nous échappe.

L'ouverture et la fermeture du montage ( prélude / épilogue : quelque part sur une scène ) et la présence de la Femme de Chambre vise à dévoiler plus encore le processus d'illusion théâtral.

Les textes utilisés se rapporte à une première recherche dramaturgique réalisée avec Sylvie sur la question du rituel.

Cette réecriture sera proposée au groupe à la prochaine séance ( 6 avril ) – donc à suivre...

MEMO : Terreau pour une adaptation / Amamus 2006

 

JANVIER

Après une période d'exploration autour de différents textes ( travail de dramaturgie en amont avec Sylvie Souirji – novembre et décembre 2005 ), le groupe décide de travailler la Décision de B.Brecht.

FEVRIER

Travail sur la scène 1 et 2 de la Décision . Dans un premier temps on installe l'idée du procès, face au chœur de contrôle les agitateurs se justifient et rejouent ce qu'ils ont vécu jusqu'à la mise à mort du camarade. Mais cela sonne faux et les comédiens peinent à trouver un espace de liberté de jeu dans cette mise en situation et on se retrouve dans un théâtre « figé » et déclamatoire.

Lors d'une étape de travail, J. Luc Parena, comédien et directeur d'acteur est présent, il nous propose alors de rompre complètement avec le parti-pris du procès pour imaginer une autre option de jeu : d'anciens combattants se retrouvent et évoquent ce qu'ils ont vécus ensemble. On relance le travail sur cette idée : chacun des comédiens peut composer à partir du texte sont propre « discours » et développer un point de vue qui devient celui de son personnage, une liberté est retrouvée ainsi qu'une mise à distance du propos. La première réécriture fait état de cette étape travail : une fin de repas, une chanson est lancée et le récit peut commencer.

Le 16 février : La visite d'Ahmed Ferhati va nous permettre de dessiner plus nettement les allers-retours des comédiens entre le jeu (restitution des moments que les combattants ont vécus ensemble ) – et le commentaire ( points de vue sur ce qu'ils ont vécus )

MARS

Distribution arrêtée du texte pour la première et deuxième scène. Nouvelle version du 16 mars.

18 mars : Rencontre avec le groupe Initiative de Bischwiller – présentations des travaux respectifs.

22 mars : Venue d'Elisabeth Marie qui nous propose de partir sur une autre piste, que celle avancée, et de rompre avec le parti-pris du banquet qui impose le quatrième mur et une vision « naturaliste » du théâtre. Pas besoin de table, de verres, d'assiettes….la didascalie déclamée suffit. Elle nous invite à chercher dans la salle des accessoires pour nous déguiser en vieillards; puis dès que le jeu « restitution » est lancé, les vieillards redeviennent les jeunes combattants qu'ils ont été.

30 mars : En parlant de temps, il avance : l'urgence fait qu'il faut rapidement avancer sur les choix des autres scènes à traiter. Quelles sont les scènes qui nous paraissent intéressantes à traiter ? Le choix se porte sur : les coolies et le jeune camarade /

- le négociant et le jeune camarade

- scène de la trahison

- scène de la mise au tombeau

On décide de travailler chacune des scènes de manière indépendante. Comme à notre habitude nous avons essayons plusieurs options de jeu sur la même scène.

 

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